
Ce matin, le lever du soleil était d’une beauté saisissante. Je l’ai accueilli pleinement, comme une caresse douce offerte sans condition. Et c’est justement à vous que je veux écrire aujourd’hui :
à vous, mes gestes spontanés.
J’ai grandi dans un monde sans téléphone, sans email, sans rendez-vous noté à l’avance.
Pour voir quelqu’un, il suffisait de frapper à la porte.
Pour partager un dîner, il suffisait d’en avoir envie.
Tout se faisait dans l’instant, avec le cœur en avant.
Cette spontanéité, je l’ai respirée comme un parfum d’enfance.
Elle m’a appris à suivre mon élan, à créer avec ce qui est là, sans attendre que tout soit parfait.
Peut-être est-ce pour cela que j’ai du mal, aujourd’hui encore, à suivre une routine précise.
Quand j’ai découvert l’Ayurveda, j’ai voulu bien faire.
Tout planifier. Me structurer. Suivre chaque conseil à la lettre.
Mais au lieu de la paix… c’est le stress qui s’est installé.
Je courais après le temps, je m’oubliais en chemin.
Même avec des rappels, j’oubliais l’essentiel : le plaisir, la liberté, la joie de créer sur l’instant.
Aujourd’hui, mes gestes spontanés me manquent.
Ceux qui naissent d’un souffle, d’un regard, d’une envie de faire plaisir sans raison.
Ils avaient ce goût d’imprévu, cette magie du moment qui n’a pas besoin d’être utile pour exister.
Mais ici, dans cette vie d’adulte bien réglée, tout doit être anticipé.
On envoie un message pour prendre un café, on réserve une date pour dîner, on remplit des agendas comme on remplit des cases.
Et la spontanéité s’efface doucement…
Comme si elle ne trouvait plus sa place.
Alors aujourd’hui, je vous écris pour vous dire que je ne vous ai pas oubliés.
Que vous me manquez.
Et que je veux vous réinviter dans ma vie.
Un pas à la fois.
Une porte qu’on ouvre sans prévenir.
Un bouquet cueilli en passant.
Un message envoyé sans raison.
Vous êtes la poésie du quotidien,
et je veux vous laisser m’emporter à nouveau.
Inna


