Lettre #48 – À la vie que je n’ai jamais osé écrire

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Double rainbow arching over a serene rural field against a dramatic sky.

Ce matin, le ciel m’a offert un cadeau rare : un arc-en-ciel, suspendu entre nuages et soleil. J’y ai vu un signe — une invitation à écrire enfin cette lettre que je porte en silence depuis des années.

Il existe en moi une mémoire que je n’ai presque jamais nommée : celle d’une vie qui a traversé mon corps, fragile et fugitive, avant de repartir.

Six semaines seulement. Un souffle. Un éclat. Une étincelle d’existence.

Je n’ai pas eu le temps d’entendre battre ton cœur.

Je n’ai pas su t’accueillir comme j’aurais voulu.

J’ai laissé la peur et les doutes me voler la beauté de ce court instant partagé.

Longtemps, j’ai cru que ce chapitre devait rester enseveli dans l’ombre de ma honte et de mon soulagement mêlés. Mais aujourd’hui, je comprends que tu n’étais pas une erreur. Tu étais une graine d’amour. Une promesse. Une âme en passage.

Je ne saurai jamais quel visage tu aurais eu, ni quel caractère aurait fleuri en toi. Mais je sais que tu m’as transformée. Tu as ouvert en moi un espace de vulnérabilité, une brèche de tendresse que je n’avais jamais osé toucher.

Je crois que ton âme a trouvé refuge ailleurs, dans des bras capables de t’accueillir pleinement.

Et moi, il me reste la gratitude. Gratitude pour cette traversée éclair. Gratitude pour la leçon silencieuse : celle de l’impermanence, et de l’amour qui existe même sans lendemain.

Alors aujourd’hui, je t’écris pour poser ces mots dans la lumière.

Tu es parti, mais tu restes en moi comme une mémoire invisible, un arc-en-ciel intérieur que personne ne voit, mais qui m’accompagne.

-Moi

Inna

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