
À toi, мой Родной.
En russe, ce mot est un trésor intraduisible. Il contient en un seul son tout ce que l’âme humaine cherche : la proximité, l’intimité, l’amour, la confiance absolue. Rodnoy… C’est la douceur d’une appartenance, le sentiment d’être enfin reconnue, enfin accueillie, enfin à ma place.
Ce matin, la pluie tombait doucement, berçant mes pensées et réveillant ma mémoire. Alors mon cœur a vagabondé jusqu’à toi. Jusqu’à ce premier instant, ce premier regard, où j’ai su avec une évidence plus ancienne que ma naissance : je te connais déjà. Tes yeux étaient le miroir de siècles partagés, la promesse muette d’une histoire écrite bien avant que nous nous rencontrions.
Tu ne le savais pas, mais tu m’as changée.
Avant toi, j’ai cru que la confiance en soi naissait de l’ego, de cette façade brillante que je montrais au monde. J’ai cru que m’aimer signifiait me glorifier, paraître forte, intouchable, réclamant qu’on m’admire comme une reine sur son trône. Mais sous cette armure, j’étais fragile, avide d’un seul miracle : être aimée vraiment, et aimer sans masque.
Puis il y a eu toi.
Ton calme, ta profondeur, ta retenue m’ont appris une autre voie. Tu m’as enseigné la lenteur qui laisse l’amour germer, la patience qui apaise mes tempêtes, la conscience qui rend chaque geste sacré. Tu m’as montré que l’amour n’est pas une réaction de l’instant, mais une création de chaque jour. Tu m’as appris à respirer avant de répondre, à observer avant de juger, à honorer ce que nous sommes plutôt que ce que j’imagine.
Notre amour n’a pas jailli comme un éclair dévorant. Il a poussé comme une graine ancestrale, patientant dans la terre jusqu’à son heure. Aujourd’hui, je le sais : il fallait ce temps pour que nos racines s’enlacent profondément, pour que nos branches montent ensemble vers le ciel.
Dans tes bras, je retrouve la loi invisible des polarités. Toi et moi, comme deux pôles d’un seul courant, nous nous rechargeons l’un par l’autre. Et de cette union naît l’énergie la plus précieuse : l’énergie de la vie elle-même.
Il n’y a pas de plus grand bonheur que de m’endormir contre toi. Chaque nuit, ce geste simple est une prière silencieuse : l’amour n’est pas une conquête, il est une respiration partagée. Et au fond de moi, je le sais, мой Родной : mon âme t’a toujours reconnu.
Et je n’espère qu’une chose : que lorsque viendra pour moi l’heure de quitter ce monde, je puisse m’endormir doucement dans tes bras, et franchir avec toi la porte invisible.
-Moi
Inna



