Lettre #55 – À mes hontes anciennes

woman, face, bullying, stress, shame, be ashamed, hide, hopelessness, head, identity, seek, find, headache, migraine, burst, personality, psychology, awareness, perception, unconsciously, subconscious, psychologist, psychiatrist, delightful, self-discovery, i, philosophy, understanding, throughts, psychosis, illness, bipolar, bullying, bullying, stress, stress, shame, shame, shame, shame, shame, headache, headache, migraine, migraine, psychologist, psychologist, psychiatrist, psychiatrist, psychiatrist, understanding, psychosis, bipolar

portrait, old, man, sad, ashamed, poor, elderly, male, person, elderly man, hiding face, sadness, depressed, depression, monochrome, black and white, sad, sad, sad, sad, sad, poor, poor, sadness, depression

À vous, mes anciennes hontes,

Vous m’avez accompagné trop longtemps, comme des ombres collées à ma peau.

Il y a eu des moments de ma vie où vous étiez là plus que tout le reste.

J’avais honte sans répit : honte de qui j’étais, de ma voix, de mon corps, de ma famille.

Cette honte m’a enfermée, parfois littéralement, dans une chambre obscure où je croyais que le monde serait moins cruel s’il ne me voyait pas.

Je vous ai souvent interrogées :

D’où veniez-vous ? Quel pays lointain vous avait envoyées jusque dans ma chair ?

Pourquoi étiez-vous si fortes, si constantes ?

Il y a eu même des périodes où la vie me souriait. Et pourtant…

Je vous appelais de nouveau. Comme si, inconsciemment, je vous donnais rendez-vous en multipliant les faux pas, en créant les situations qui vous ramèneraient à moi.

Je ne voulais pas vous ressentir… mais en secret, c’est comme si je vous cherchais.

Pourquoi ?

Était-ce une manière de me punir ?

Était-ce l’écho d’une blessure plus ancienne, d’une parole lancée jadis, d’un regard qui m’a marquée ?

Ou bien étiez-vous déjà là, tapies dans mes veines, attendant que je vous reconnaisse ?

Aujourd’hui, je vous écris non pas pour vous maudire, mais pour comprendre.

Car même si vous m’avez enfermée, vous m’avez aussi montré où se trouvait la porte.

Même si vous m’avez écrasée, vous m’avez appris le goût de la libération.

Et je sens qu’il est temps maintenant de vous laisser partir.

Je ne veux plus vivre dans vos bras froids.

Je choisis de marcher à découvert, avec ma voix, mon corps, mon histoire, et même mes failles.

Vous avez eu votre rôle, mais je ne suis plus celle qui vous appelle.

Je ne veux pas effacer mon passé — je veux simplement ne plus me cacher derrière vous.

Alors je vous remercie pour la leçon, et je vous libère.

Je vous rends à ce pays lointain d’où vous êtes venues.

Car je veux maintenant vivre sans voile, et marcher au grand jour.

-Moi

Inna

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Scroll to Top