Lettre #56 – À mes failles visibles

A lone person stands near a deep cliff crevice by the eroded seacoast.

A close-up of an elegant ceramic vase featuring gold kintsugi on exhibit.

Mes failles visibles,

Vous êtes là, offertes aux regards comme des cicatrices qu’on ne peut pas maquiller. Vous me trahissez parfois, mais vous me révèlent aussi. Et si je dois en nommer deux, les plus grandes, les voici : ma kindness et mon incapacité à dire non.

On me répète souvent que je suis une personne “kind”, douce, généreuse, tournée vers les autres. Tout le monde semble le voir, sauf moi. Car si j’ai de la tendresse pour le monde, je peux être si dure avec moi-même. Être kind avec soi, n’est-ce pas la première étape de la vraie bonté ? Là est ma faille : offrir aux autres une douceur que je me refuse trop souvent.

Et puis il y a cette autre fissure : dire non. Poser des limites, surtout avec mes proches, reste pour moi une épreuve. Alors je donne, encore et encore. Je propose, j’offre, je tends les bras… et quand on prend trop, je me fâche. Non pas contre eux, mais contre moi-même. Car au fond, c’est moi qui ai ouvert la porte, moi qui ai laissé mon énergie se disperser sans discernement.

Oui, mes failles visibles, vous m’entraînez parfois vers le déséquilibre, dans ces basses fréquences où je me sens vidée. Mais je comprends aussi que vous n’êtes pas des ennemies. Vous êtes des enseignantes. Vous me montrez la frontière fragile entre l’amour et le sacrifice, entre la générosité et l’épuisement, entre la bonté et l’oubli de soi.

Alors, je choisis de vous regarder en face, de ne plus vous maudire. Vous êtes mes rappels sacrés : apprendre à m’aimer autant que j’aime, apprendre à poser des limites claires, apprendre à dire oui avec tout mon cœur mais aussi non avec toute ma vérité.

Mes failles visibles, vous êtes aussi mes portes. Et peut-être que c’est à travers vous que la lumière finira par entrer.

-Moi

Inna

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