
N’est-ce pas le plus grand paradoxe ?
Nous venons au monde clairs comme l’aube,
nus de tout rôle,
porteurs d’une lumière intacte.
Et aussitôt, des mains bienveillantes mais inconscientes
nous tendent des masques.
« Sois sage. Sois fort. Sois brillant. Réussis. »
Alors, nous apprenons à cacher.
Nous apprenons à sourire quand le cœur pleure,
à paraître quand l’âme voudrait simplement être.
J’ai porté tant de masques.
Masques de force, masques de joie,
masques de réussite, masques de silence.
À chaque visage emprunté,
je croyais me rapprocher de la vie…
mais je m’éloignais de moi.
Et au bout du chemin, je n’ai pas trouvé la paix,
mais un vide qui étouffe.
Non pas la vacuité sacrée,
mais le manque, le trop-plein de faux-semblants,
la fatigue de ne plus savoir quel visage est le mien.
Aujourd’hui, je vous regarde en face,
ô mes masques.
Je comprends que vous n’étiez pas des ennemis,
mais le reflet de mes peurs.
Peur de décevoir.
Peur de ne pas suffire.
Peur de n’être pas aimée.
Alors je vous dépose.
Je rends au monde mon vrai visage,
avec ses fissures et ses failles.
Car comme le wabi-sabi nous l’enseigne,
c’est l’imperfection qui révèle la beauté.
Un bol fêlé laisse passer la lumière.
Une cicatrice raconte la force d’avoir traversé.
Un visage fragile dit plus de vérité
que mille sourires peints.
Adieu, mes masques. 🎭
Je n’ai plus besoin de vos voiles pour exister.
Je n’ai plus besoin de ressembler, ni de plaire.
Mon visage nu est assez.
Et peut-être qu’en ce dévoilement,
j’entends enfin le murmure de ma mission :
être moi, simplement.
Une perle rare, comme chaque âme venue sur cette terre.
-Moi
Inna



