
Je me demande souvent pourquoi l’éclipse existe.
Et je m’écoute : si le soleil brillait sans jamais être voilé, saurais-je vraiment reconnaître sa lumière ? Si la mer demeurait toujours calme, goûterais-je avec autant d’intensité la paix de ses eaux immobiles ? Oui… c’est dans le contraste que naît la révélation.
Mon éclipse intérieure n’est pas une malédiction. Elle est un passage. Elle est ce voile mystérieux qui recouvre ma lumière pour m’obliger à la chercher autrement. Quand je traverse la nuit de mon cœur, quand ma confiance en moi s’éteint, quand mes pensées sombres m’assaillent comme des tempêtes, c’est alors seulement que je découvre la valeur de mon propre soleil.
Je ne crois plus que mon agressivité, mes colères, mes mots blessants aient été inutiles. Ils furent les ombres projetées par ma douleur. Je n’avais pas encore appris que blesser l’autre, c’est d’abord me blesser moi-même. Je n’avais pas encore vu que la vengeance laisse toujours un goût amer. Mais aujourd’hui je vois : de cette obscurité est née ma conscience, et de ma conscience naît ma transformation.
L’éclipse n’est jamais éternelle. Mon soleil revient toujours. Ainsi, après l’angoisse, je goûte le repos. Après la tempête, je savoure le calme. Et après la nuit, je reconnais enfin ma lumière.
Je n’ai donc plus peur de mes éclipses intérieures. Je les embrasse comme mes maîtres silencieux. Elles m’enseignent ce que la clarté seule ne peut pas me montrer : que ma véritable nature est indestructible, que ma lumière ne s’éteint jamais, même quand je crois l’avoir perdue.
Un jour, je verrai que mes ombres et ma lumière ne sont pas ennemies, mais deux visages d’une même danse. Et alors, même au cœur de mon éclipse, je saurai déjà que le soleil est là.
-Moi
-Inna



