Lettre #65 – À mes contradictions

Profile of a nun in traditional habit smoking a cigarette, with smoke swirling against a dark backdrop.

Image of hands with 'Yes' and 'No' text, demonstrating a choice or decision concept.

Mes contradictions, vous êtes là en moi, deux voix qui se disputent sans cesse.

L’une me dit : « Avance, le chemin est clair, la route est ouverte. »

Et l’autre me retient : « Attention… il y a des forêts, des rivières, des montagnes à traverser. Tu risques de te perdre dans la nuit, et si tu ne retrouvais jamais ton chemin ? Reste ici, c’est connu, c’est sûr. »

Vous êtes mon énigme. Vous me troublez, vous me fatiguez, et pourtant vous êtes mes compagnes les plus fidèles.

Car je le comprends maintenant : vous ne cherchez pas à m’anéantir. Vous me parlez différemment, mais chacune à votre façon, vous voulez me protéger.

Toi, ma voix du doute, tu me répètes : « Sois vigilante, regarde bien devant toi. » Tu m’avertis des obstacles, mais au fond, tu me dis aussi : « Je suis là, je marche à tes côtés. »

Et toi, ma voix de confiance, tu me dis : « Tu vas y arriver, même si la lumière tarde à se montrer. Ce n’est pas le but final qui compte, mais la route elle-même. »

Alors oui, je vacille entre vous deux. Mais aujourd’hui je choisis de ne plus vous opposer.

Vous n’êtes pas mes ennemies. Vous êtes les deux rives entre lesquelles mon fleuve avance. Vous êtes les deux battements qui font vivre mon cœur : expansion et contraction, peur et audace, ombre et lumière.

Mes contradictions, vous m’avez tant appris.

Vous m’avez fait douter, mais c’est de ces doutes qu’est née ma conscience.

Vous m’avez ralentie, mais c’est dans ces lenteurs que j’ai vu la valeur du temps.

Vous m’avez écartelée, mais c’est dans cette tension que j’ai découvert ma propre force.

Aujourd’hui je ne vous fuis plus. Je vous remercie. Car sans vous, je n’aurais jamais appris à marcher avec équilibre. Sans vous, je n’aurais jamais su reconnaître la chaleur du soleil après le froid de la nuit.

Vous êtes mes contradictions, mais aussi mes maîtres silencieux.

Et désormais, je choisis de danser entre vos voix, non pas dans la guerre, mais dans l’harmonie.

-Moi

Inna

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